F. KAMANO :  » LE PLUS GRAND CHANTIER DE LUIS SERA LE PROBLEME DES BINATIONAUX ET DES NATIONAUX »

KAMANOConsidéré comme l’une des révélations de cette fin de saison en Ligue1 française, François Kamano a accepté de se livrer sans concessions chez nous. Auteur de 4 buts depuis le début de la saison avec S.C Bastia, le jeune attaquant guinéen aborde ce qu’il qualifie de « frustration » de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, sa saison prometteuse avec les Corses mais aussi le problème d’égos qui mine le Syli National ces derniers temps.

 

François, les choses ont bien évolué depuis le début de saison pour toi…

F.K : On peut dire Dieu merci. C’est vrai qu’aujourd’hui je joue beaucoup plus qu’en début de saison et j’arrive à réaliser de bonnes choses.

Le changement de coach a été le déclic ?

F.K : Oui forcément ! Même si au début aussi Makélélé avait confiance en moi. Mais j’étais jeune et c’était plus facile de me sortir que de sortir certains joueurs confirmés. Ensuite Ghislain est arrivé. Lui je l’ai eu comme directeur au centre de formation, donc il avait confiance en moi et cela a facilité certainement les choses.

Maintenant il faut confirmer pour la saison prochaine…

F.K : Oui et c’est ça le plus dure. Mais je travaille dur pour ça et je sais de quoi je suis capable. J’espère jouer d’avantage et être encore plus décisif pour mon club.

Revenons « encore » sur ta première Coupe d’Afrique des Nations. Déçu de n’avoir pas eu plus de temps de jeu ?

F.K : Forcément ! Surtout quand on connait la forme avec laquelle j’étais venu en sélection à ce moment là. Je jouais titulaire avec mon club, et j’étais prêt à débuter les matchs. Je vous avoue qu’à un moment donné j’ai failli péter un plomb, surtout lorsque certains ne sont pas honnêtes. Pour moi, si tu es blessé il faut dire que tu es blessé au lieu de le camoufler et de jouer dix minutes pour après sortir derrière. Le traitement avec certains joueurs ne me plaisait pas. Un soir j’avais décidé de ne pas descendre manger avec le groupe. Il y’a Dianbobo qui est venu me voir pour me parler, mais moi je lui ai dit que je veux retourner dans mon club car je ne comprenais pas la situation. Ensuite Morlaye Soumah « Kolo » est aussi monté dans ma chambre pour me dire de venir manger avec les autres. Je suis descendu et après il est monté avec moi, il a appelé mes dirigeants de Bastia, tout ça… Au final, j’ai pris la décision de ne pas faire mes valises et je suis resté.

Tu as cherché à t’expliquer avec le coach, Michel Dussuyer ?

F.K : Non, moi je ne vais pas le voir pour lui dire que je mérite de jouer. Je respecte ses choix. Mais lui même voyait que je n’étais pas bien. Aux entraînements, et lors du match amical face au Maroc qu’on avait gagné avant la CAN et où j’avais marqué mon premier but en sélection, je donnais tout ce que je pouvais. Si lui il ne voyait pas cela, c’est pas avec les paroles que je vais le convaincre.

Il y’a eu pas mal de tensions dans le groupe lors de la dernière CAN. Que s’est-il réellement passé à ton avis ?

F.K : Moi j’étais jeune, et c’était ma première CAN donc je n’avais presque rien à dire. Mais après, vous savez, ça se passe presque la même chose partout, dans chaque équipe, et surtout ça reste sur le terrain.

Mais l’accrochage Kévin-Mohamed Yattara s’est poursuivi jusqu’à l’hôtel…

F.K : Oui et c’est ce qui est dommage je pense. Après moi je ne sais pas personnellement ce qui s’est passé. C’était sûrement de la frustration et ils n’ont pas pu se tenir.

As-tu le sentiment qu’il y’a des personnes qui ne s’aiment tout simplement pas dans ce groupe ?

F.K : Honnêtement, non ! Je pense qu’on vit très bien, et que comme je l’ai dit tout à l’heure il y’a juste des petits problèmes. Maintenant je sais qu’il y’avait eu des histoires de primes au début. Ceux qui n’ont pas joué les éliminatoires comme Bouba (le troisième gardien) et moi, on a pas eu la même somme que les autres. Il y’a eu des négociations et moi j’ai toujours dit que j’étais derrière eux quelque soit leur décision. Car la seule envie que j’avais c’était de représenter mon pays à cette Coupe d’Afrique des Nations.

Dans une interview récente, Kamille Zayatte évoquent les binationaux et « Conakrykas ». Il y’a donc un clivage dans ce groupe…

F.K : Moi je dirai qu’il a raison. C’est vrai qu’il y’a les binationaux qui ont une façon particulière de fonctionner. Ils restent souvent entre eux et vivent un petit peu dans leur monde européen. Et à côté il y’a ceux qui viennent de Conakry qui ont une manière aussi différente de vivre en groupe. Après je comprends les binationaux parce que nous dès fois quand on est entre nous, même si on peut parler français, on parle soussou. Et eux ils n’arrivent pas à le parler. Et c’est un peu compliqué lorsque tu ne comprends pas une langue et que tous les autres communiquent avec. C’est vrai aussi que certains bénéficient d’un certain avantage lorsqu’on est en équipe nationale, mais ça il faut savoir le gérer. L’essentiel c’est que l’équipe se sente bien.

Luis Fernandez sera probablement le futur coach du Syli. As-tu eu la chance d’échanger avec lui depuis…

F.K : Non personnellement je n’ai toujours pas parlé avec lui. Mais je pense que c’est un choix réfléchit. Il un grand passé de footballeur et d’entraîneur. Donc il connaît bien ce qu’il doit faire. Et j’espère qu’il fera avancer le football guinéen.

A ton avis, quel sera le plus grand chantier de Luis, une fois à la tête du Syli ?

F.K : Pour moi ça sera le problème des binationaux et des nationaux. Ensuite il faudra aussi qu’il comprenne les joueurs, qu’il les écoute car on a tous nos différences. Avec ça je pense que tout se passera très bien avec lui.

Merci François, et bonne chance pour la suite !

F.K : C’est moi qui vous remercie !

 

Entretien réalisé par Alpha BALDE

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