F. KAMANO « Il n’y a pas d’âge pour être appeler en équipe nationale »

kamaA seulement dix-huit ans, le natif de la cité des agrumes de Kindia est entrain de connaître ses premières sensations fortes de footballeur professionnel en Ligue1 française.

Sous le soleil corse, l’ancien joueur du Satellite FC a accepté de nous livrer ses ambitions en club mais aussi en équipe nationale. Dans cet entretien exclusif, le joueur lance un appel du pied à la sélection.

 

100% FOOT : Alors François, ça fait quoi de jouer face au PSG et ses stars…

 

F.K : (rire). Cela m’a fait beaucoup de bien. Pour moi, c’était un rêve qui se réalisait. Jouer au Parc des Princes contre Zlatan, Cavani… je les voyais toujours à la télé mais ce jour là, j’ai eu la chance de les affronter. On a joué sur la même pelouse, avec le même ballon. C’était vraiment un moment fantastique pour moi.

 

100% FOOT : Il y’a un an tu terminais vice champion de Guinée et aujourd’hui tu évolues en Ligue 1 française. On peut dire que les choses vont vite pour toi ?

 

F.K : Oui, c’est clair ! Déjà moi j’ai quitté Kindia où je suis né pour venir à Conakry dans le but de poursuivre mes études et le foot en même temps. C’est comme ça que j’ai d’abord intégré l’académie de la Sainte Marie de Dixinn, mes performances m’ont permis de rejoindre le FC Séquence avec lequel j’ai remporté la coupe de Guinée. Ensuite je suis passé au Satellite FC où on a été vice champion de Guinée. Maintenant me voici en Europe!

 

100% FOOT : Si on te demandait de faire une différence entre la ligue1 de Guinée et la Ligue1 française, tu dirais quoi ?

 

F.K : Une grande différence! Médiatiquement, sportivement… Sur le plan purement foot, il y a une différence énorme dans l’organisation des matchs, les tactiques mises en place, la technique requise, etc. C’est bien plus professionnel. Ici tout se travaille alors que chez nous, en Guinée, ce n’est pas trop évident.

 

100% FOOT : Dans un premier temps, tu étais venu en tant que stagiaire dans ce club comme la quasi-totalité des jeunes joueurs guinéens venant du championnat local, et en juillet dernier le SC Bastia annonçait ta signature pour 4 ans. Comment cela s’est-il passé ?

 

F.K : Il faut savoir d’abord que les recruteurs du sporting avaient l’œil sur moi depuis un bon moment. Donc dès que je suis arrivé, il y’a eu une promesse des dirigeants comme quoi j’allais être retenu parce qu’ils avaient besoin de moi. Mais d’après les explications de mon agent et du recruteur du club, les choses auraient coincé avec le président du club de Satellite. C’est ainsi que le club m’a directement appelé pour me dire que si je venais en France, je serais retenu. J’avais 17ans en ce moment. Je suis venu, et heureusement j’ai travaillé dur comme il le faut et les dirigeants aussi ont su me faire confiance et voilà aujourd’hui ils m’ont donné un contrat de 4 ans. Il faut rappeler qu’ils ne donnent pas un contrat de 4 ans à tout le monde, même aux anciens, à plus forte raison à un jeune stagiaire. Donc cela m’a beaucoup touché et c’est une grande preuve de confiance de la part des dirigeants de ce club.

 

100% FOOT : Certains disent qu’il aurait fallu le coup de pouce de Morlaye Soumah « Colovaty » pour convaincre les dirigeants bastiais de te faire signer…

 

F.K : (il coupe) Non ! C’est vrai que « Colovaty » est beaucoup apprécié pour ce qu’il a fait dans ce club. Mais ce n’est pas grâce à son appui, ou par son canal que je suis là aujourd’hui, non.

 

100% FOOT : Pendant la préparation estivale, Claude Makelele, votre nouvel entraineur, faisait beaucoup tourner son effectif et tu espérais une place de titulaire dans son 11 de départ pour la saison. Est-ce une déception personnelle de ne pas y figurer ?

 

F.K : Une déception ? Non, pas du tout. Déjà le peu de temps de jeu que j’ai, ce n’est pas rien. Et je sais qu’avec le temps les choses vont évoluer. C’est à moi maintenant de prouver que bje suis capable de faire partie de son 11 de départ et ce à chaque fois qu’il me donnera un temps de jeu.

 

100% FOOT : Tu penses qu’il t’a manqué quoi pour figurer dans son 11 ?

 

F.K : Non je ne pense pas avoir manqué de quelque chose. Mais je pense qu’il faut voir mon âge (18ans). Je pense que vouloir me mettre directement titulaire, pour eux quelque part, c’est m’exposer donc ils préfèrent avancer sûrement. C’est-à-dire me donner un temps de jeu conséquent, m’aider à m’intégrer au championnat et aussi à gérer mes émotions.

 

100% FOOT : Parlons du syli à présent. A moins d’une semaine de la publication de la liste de Dussuyer pour les éliminatoires de la CAN 2015 face au Togo, certains parlent déjà de toi pour intégrer l’équipe nationale. Tu y penses personnellement ?

 

F.K : La séléction nationale a toujours été un rêve depuis mon enfance. Un grand rêve même. J’espère que le coach me fera appel et c’est avec un grand plaisir que j’accomplirai mon devoir.

 

100% FOOT : Même à seulement 18 ans ?

 

F.K : Oui certains disent que j’ai seulement 18 ans. Ce qui est vrai, bien sûr. Mais il ne faut pas oublier qu’il n y a pas d’âge pour faire valoir son talent et être appeler en équipe nationale. Déjà je jouis d’un temps de jeu en ligue1, donc pourquoi ne pas avoir un temps de jeu en équipe nationale aussi ? Donc moi je pense que l’âge n’est pas un facteur handicapant, pour preuve on a vu certains joueurs commencer à 17 ans voire 16 ans avec leur équipeNationale!

 

100% FOOT : Entre toi à Bastia, Alseny Kourouma « Paolao » à Rennes et Ibrahima Sory Conté qui vient d’arriver et qui est en stage à Toulouse, est-ce qu’on peut parler d’une filière Satellite FC vers la France en ce qui concerne la vente de joueurs ?

 

F.K : C’est une belle remarque. Je n’y avais pas pensé (rire). Non mais il faut dire qu’aujourd’hui pas mal de clubs en Guinée sont en contact avec des clubs d’ici ou des agents, ce qui facilite les échanges.

 

100% FOOT : On sait que le Fello Star de Labé était aussi un grand vendeur à l’étranger, mais aujourd’hui ce club connait quelques difficultés sportives. Est-ce donc une bonne politique pour l’avenir de votre ancien club ?

 

F.K : Déjà on voit les répercussions de tous ces départs, car cette année ils n’ont pas été trop à la hauteur (le satellite a terminé 5ème cette saison avec 33 points). Il y a eu trop de départs, notamment celui de mon ami Oumar Tourad Bangoura pour l’AS Kaloum, moi je suis venu en Europe, etc. Pratiquement, l’ossature de la saison où nous avons terminé vice champion n’y est plus. Et récemment aussi ca continue avec la venue du capitaine de la saison dernière Ibrahima Sory Conté.

 

100% FOOT : Dans ce cas l’argent prime sur la qualité du club et du championnat guinéen en général, non ?

 

F.K : Non mais il faut savoir que l’avenir du joueur aussi est important dans l’histoire. Vous n’êtes pas sans savoir que le niveau de jeu en Guinée n’est pas un grand challenge sportif. En Europe, ce n’est pas pareil. Le mieux, c’est de laisser partir le joueur si un club en Europe a besoin de lui. J’entends quelques uns dire qu’il faut rester au pays et avoir la passion du jeu, ok ! Mais il faut savoir qu’au-delà de la passion, le football est un métier et qu’on joue pour avoir quelque chose aussi en retour. Et en Guinée, les joueurs ne sont pas payés comme on le fait croire. Donc le mieux, franchement, c’est de venir en Europe si l’opportunité se présente.

 

100% FOOT : Quels conseils pourraient tu donner à tous ces jeunes footballeurs qui rêvent de quitter le pays et de venir en Europe pour devenir des François Kamano, des Momo Yattara, ou encore des Ibrahima Traoré… ?

 

 F.K : La première chose c’est d’avoir confiance en soi. Parce que dans toute chose si tu n’as pas confiance en toi, tu ne peux pas jamais y arriver. Tu vas te retrouver dans une équipe en Europe, dans une équipe où il y a de très bons joueurs et si tu n’as pas confiance en toi, en tes qualités, tu ne vas pas y arriver. Ensuite il faut s’armer de courage et beaucoup travailler. Mais attention, il ne faut pas oublier qu’il y’a aussi un comportement à tenir hors du terrain. C’est-à-dire avoir une hygiène de vie très professionnelle car le football ce n’est pas seulement sur le terrain. Donc il faut bien vivre après le terrain et cela passe par un maximum de repos après les séances d’entrainement.

 

100% FOOT : Un mot sur l’affaire Brandao vs Thiago Motta ?

 

F.K : Moi je n’ai rien vu sur le coup, car j’étais encore sur la pelouse. En rentrant dans le couloir, j’ai aperçu Thiago Motta qui courait derrière quelqu’un mais je ne savais pas ce qu’il se passait. C’est ensuite que j’ai eu des explications comme quoi Brandao aurait donné un coup de tête à Motta. Et j’ai bien évidemment vu ce dernier saigner. Personnellement j’ai revu les images et ce que Brandao a fait n’est pas bien. Mais après il faut aussi dire à Motta de ne pas insulter les adversaires sur le terrain durant tout le match.

 

100% FOOT : Un dernier mot pour nos lecteurs, François ?

 

F.K : Je suis très content d’avoir échangé avec vous. Grâce à vous je me sens très heureux aujourd’hui et surtout je me sens considéré et suivi par mon peuple de Guinée et le monde entier. Et cela se passe par votre canal. Ce sera toujours un grand plaisir de discuter avec vous.

 

Entretien réalisé par Alpha BALDE

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