SYLI CADET : HAMIDOU CAMARA ENTRAÎNEUR OU SIMPLE SPECTATEUR ?

Ne dit-on pas souvent au football que l’entraîneur est le seul, ou du moins, le premier responsable des mauvais résultat de son équipe ? Pour le cas du Syli National Cadet, la question ne mériterait sûrement pas d’être posée tellement la tournure des événements ne laisse aucun doute se dissipait sur les incapacités du coach, Hamidou Camara, d’apporter une plus valu à cette bande de gamins, pourtant talentueuse…

Mohamed-CamaraUne défense jamais soignée…

Qui veut aller loin, ménage sa monture. Décidément cette maxime n’est pas tombée dans de bonnes oreilles. Avec une défense aux abois lors de la CAN U17 2015 qui a eu lieu à Niamey, le Syli National a encaissé six buts en cinq rencontres, soit une moyenne supérieure à un but par match, le coach du Syli National et ses collègues n’ont pas réussit à trouver le bon remède pour stabiliser une défense très fébrile. A cet âge là, la fougue et l’envie laissent peu de place à la lucidité qui pourtant aide au bon comportement de toute une arrière garde. Pis, à Niamey, comme au Chili -comme on le verra plus bas- le Syli a craqué au fur et à mesure des rencontres.

Une victoire 1-0 face à la Zambie, puis un match nul face au Nigeria (1-1), avant de chuter face au pays organisateur lors du dernier match de groupe (2-1) et de s’incliner sur le même score face au Mali en demi-finales. La victoire face au Nigeria lors du match pour la troisième place (3-1) n’est qu’un simple trompe-l’œil, car il n’est un secret pour personne que le Nigeria dans cette catégorie cherche toujours le trophée, ou alors préfère se projeter déjà sur la Coupe du Monde qui suit pour espérer gonfler son palmarès, lui qui le pays le plus titré au rang mondial…

Sept mois plus tard, après nous avoir pourtant assuré que l’équipe avait passé plusieurs mois en train de travailler sans relâche au Maroc (le Syli Cadet a préparé la Coupe du Monde au Maroc durant plusieurs mois), les mêmes errances défensives ont frappé les observateurs. L’équipe a encaissé à chacun de ses matchs (1 face à l’Angleterre et la Corée du Sud, et 3 face au Brésil). Pis, elle s’est toujours montrée plus que prenable et très naïve dans ses derniers mètres. En atteste ces deux penaltys concédés en trois rencontres (1 face à l’Angleterre et 1 face au Brésil). Sans parler du mauvais placement des jeunes défenseurs guinéens.

Face à l’Angleterre Hinds, seul face à deux défenseurs guinéens dans les airs, arrive à cadrer sa tête. Ou encore, face au Brésil lorsque Léandro se retrouve étrangement seul dans la surface guinéenne pour le 2-0, sur un coup de pied arrêté dangereux. En Amérique du Sud comme en Afrique, le Syli c’est plus d’un but encaissé par match (5 buts pris en 3 matchs dans cette Coupe du Monde). Comme à la Coupe d’Afrique, le gardien de but Moussa Camara, auteur de 10 arrêts en 270 minutes, reste la seule satisfaction d’un secteur où l’apport de la vidéo et des conseils du coach et son staff technique n’auraient pas été de trop… Trop souvent prise en vitesse, et peu souveraine, l’équipe de Guinée a subi 33 tirs en 3 matchs, soit plus de 10 tirs par rencontre. 16 de ces tirs ont été cadrés et auraient pu alourdir le total de buts pris par Moussa.

Une attaque peu inspirée

yamSi les 3 buts plantés face au Nigeria lors de la petite finale à la CAN ont masqué la réalité du marasme offensif du Syli, cette coupe du monde au Chili l’a bien étalé aux yeux du monde entier.

Auteur de 7 buts en cinq matchs, les poulains de Hamidou Camara n’ont réussit à en planter que 2 durant leur séjour au Chili. Souvent en possession du ballon, le Syli manquait d’idées une fois que le ballon se trouvait à quelques mètres du but adverse. Cette maladresse a été on ne peut plus visible lors du premier match face aux anglais où le Syli n’a réussi à cadrer que 6 de leurs 21 tirs… La situation est plus inquiétante lorsqu’on constate que les poulains de Hamidou Camara n’ont marqué que 2 buts en 61 tirs (l’équipe qui a le plus tiré au but. Mais aussi l’équipe avec le plus faible ratio tir/but marqué).

A partir de là, on peut se poser des questions, légitimes, sur l’apport du travail abattu par le coach durant les mois de préparation avec ses joueurs. Avec un nombre incalculables de mauvais choix effectués devant par ses jeunes joueurs, et un manque d’idées frappant, il est difficile de ne pas pointer du doigt la passivité du coach et de son staff.

hmUn coaching friand…

Alors que son coaching n’avait jamais porté ses fruits jusque là, Hamidou avait l’occasion de faire taire les sceptiques. Mais hélas, l’entraîneur de l’Atlético de Coléah n’aura pas su prouver qu’il était l’homme de la situation. Mené au score, mais en supériorité numérique, le coach du Syli n’a pas répondu au changement tactique apporté par son collègue brésilien juste après la pause (Luis Enrique l’attaquant cède sa place à Geovane un milieu de terrain).

Carlos Nascimento a certainement eu une meilleur lecture du jeu. Le coach brésilien décide d’apporter du répondant dans l’entre-jeu où son équipe était malmené et surtout où il vient de perdre un joueur sur un carton rouge. Derrière, Hamidou Camara reste observateur. Sans aucun remaniement derrière, et sans aucune consigne visible à l’endroit de ses poulains, le coach du Syli assiste impuissant au torpillage de son navire. Son premier changement interviendra à l’heure de jeu, lorsque Jules Kéita cède sa place à un milieu de terrain…

Alors qu’il était encore mené 2-0, l’entrée du nouvel attaquant et un remaniement tactique pour chambouler les plans de son adversaire n’aurait pas été de trop. Derrière, il préfère encore remplacer Yves Camara son attaquant par un milieu de terrain, préférant laisser sur le banc un certain Augustin Bangoura… Mais quand on est entraîneur dans un championnat de niveau amateur, comme celui de la Guinée, ce genre de schéma ne se dessine pas facilement dans la tête…

Éliminé, le Syli Cadet subira certainement le sort de ces générations qui lui ont précédé. C’est à dire laissé à l’abandon sans aucun suivis, pour finir dans l’anonymat sans jamais pouvoir reconnaître d’autres belles aventures qui forgent et forment une équipe solide. Quant à Hamidou Camara et son staff, le Chili aura finalement été un bon moment de profiter et d’explorer un nouveau continent qui s’ajoutera à son passeport. Comme une preuve de « sa » réussite. Mais sur le pré, sa présence sur le banc ne s’est jamais fait sentir dans ce tournoi.

Alpha BALDE

@alphabalde91

 

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>


Regie Publicite Afrique