Martins : « Je suis toujours disponible pour le Nigeria »

martinsObafemi Martins est un garçon de cœur ,il a réussi à quitter les rues de Lagos pour devenir un footballeur mondial grâce notamment à sa vitesse exceptionnelle à l’africaine et son réalisme devant le but. Celui qui aura 30 ans au mois d’octobre prochain essaye un nouveau challenge avec Seattle Sounders un club americain.

Interrogé par  FIFA.com,Oba évoque plusieurs choses à la fois, ses débuts, ses ambitions avec le Nigeria. L’ancien joueur de l’Inter Milan et de Levante parle aussi du plaisir qu’il gagne sur les pelouses américaines en y jouant et revient sur sa façon de célébrer ses buts (sauts périlleux) unique à lui.

Votre deuxième saison en Major League Soccer se passe beaucoup mieux que la première. Grâce en partie à vos buts et à vos passes décisives, les Sounders sont aujourd’hui en tête du classement. Comment expliquez-vous cette différence ?

L’an dernier, je suis arrivé ici après avoir joué plus d’une demi-saison en première division espagnole, avec Levante. Je n’avais pas eu le temps de me reposer. C’était un peu trop. Je suis passé d’un championnat à un autre sans le moindre repos. Je n’étais pas à mon meilleur niveau alors que cette année, j’ai eu le temps de me roder lors du stage de préparation d’avant-saison. Cela m’a permis de m’adapter et de me remettre en forme. Les résultats sont là.

Votre association avec Clint Dempsey marche à la perfection. À vous deux, vous avez déjà marqué 21 buts et donné 14 ballons décisifs cette saison. Comment travaillez-vous cette entente ?

Dempsey est un joueur sérieux. Le courant passe entre nous sur le terrain. Quand je reçois le ballon, il sait qu’il peut s’attendre à une bonne passe de ma part. Et vice-versa. Dans le secteur offensif, il est particulièrement difficile de trouver des automatismes entre coéquipiers, mais entre nous, ça fonctionne bien. Nous sommes sur la même longueur d’onde. Il connaît le football, c’est le moins qu’on puisse dire.

Vous avez joué en Premier League, en Bundesliga et en Serie A. Quelles comparaisons peut-on faire entre ces grands championnats et celui des États-Unis ?

Ces grands championnats européens ont une très longue histoire, ce qui n’est pas le cas de la MLS. C’est pourquoi je pense qu’on ne peut pas faire de comparaison. Ce ne serait pas juste. C’est un championnat qui grandit très vite. C’est peut-être même la ligue qui connaît la croissance la plus rapide à l’échelle mondiale. Chaque année, de nouvelles équipes arrivent, de nouveaux joueurs aussi. Des joueurs en Europe me posent sans cesse des questions sur la MLS et pas mal d’entre eux aimeraient bien venir ici. On voit que le niveau de ce championnat augmente d’année en année. Et puis il y a les fans ! Je n’ai jamais vu des supporters aussi merveilleux que ceux de Seattle.

Vous avez marqué le but de la victoire en finale de la Coupe de la Ligue pour Birmingham City, vous avez disputé une Coupe du Monde avec le Nigeria  et gagné un Scudetto avec l’Inter Milan : quel est le plus beau souvenir de votre carrière ?

Je cherche toujours à gagner d’autres trophées et à m’améliorer. J’ai tellement de bons souvenirs. J’en ai avec toutes les équipes pour lesquelles j’ai joué. J’ai passé de très bons moments à Newcastle, mais je peux dire la même chose de l’Espagne ou encore de l’Allemagne, avec Wolfsbourg. Mais ma carrière n’est pas encore terminée. L’histoire continue. Quand j’aurai raccroché les crampons et que mes petits-enfants me poseront des questions sur ma carrière, je veux pouvoir leur raconter beaucoup de belles histoires, pas seulement une.

Au cours des trois dernières années, vous n’avez été appelé que deux fois sélection. Au vu de votre forme actuelle, pensez-vous pouvoir être convoqué à nouveau en sélection pour la Coupe d’Afrique des Nations 2014 ?

Je suis Nigérian et je suis disponible. Je ne peux qu’attendre. Je n’ai aucun contrôle là-dessus. Chaque sélectionneur fait ses choix. Tout ce que je peux dire, c’est que je suis performant à Seattle, et que je prends plaisir à jouer. Si on m’appelle, tant mieux. Sinon, je souhaite toute la réussite possible à la sélection. J’ai toujours été supporter du Nigeria.

Il y a très peu de championnats de football sur la planète sans au moins quelques footballeurs nigérians. Comment expliquez-vous cela ?

Nous n’avons pas un grand championnat au Nigeria. Par contre, nous avons des joueurs très talentueux. Nous en avons même trop ! (rires). Allez en Allemagne, en Russie, en Espagne, en Italie, n’importe où, vous y trouverez des Nigérians. Ce ne sont peut-être pas les plus grandes stars du championnat, mais ce sont de bons ambassadeurs de notre football. Les Nigérians adorent le football. Ce n’est pas comme ici, aux États-Unis, où les gens se passionnent pour le football américain, le base-ball ou le basket-ball. Au Nigeria, nous n’avons que le foot, et nous adorons ça.

Vous avez commencé en disputant des tournois de rue à Lagos. Comment êtes-vous passé du football de rue aux plus grands clubs européens ?

J’ai commencé à jouer au football comme tout le monde, pour le plaisir et entre amis. J’ai été repéré par un homme qui s’appelle Churchill Oliseh. C’était le frère aîné du capitaine des Super Eagles, Sunday Oliseh. J’ai joué dans son équipe. C’est un homme bien. Il m’a aidé pour l’hébergement et la nourriture. Mais il n’y avait aucune structure professionnelle à l’époque. Très vite, il m’a proposé d’aller faire un essai en Italie. C’était complètement surréaliste.

Étiez-vous nerveux ?

Oui, mais mes parents m’ont donné leur accord, en m’expliquant que ça ne coûtait rien d’essayer. Churchill, de son côté, m’a demandé si je préférais jouer au foot ou aller à l’école. Moi, c’était le foot, alors je suis allé en Italie faire un essai et très rapidement, j’ai signé dans un club de troisième division, l’AC Reggiana. Ça a bien marché avec les juniors, j’ai intégré l’équipe première, puis j’ai été repéré par l’Inter Milan. Le tout en l’espace d’une saison ! Tout est allé très vite. C’était à en avoir le tournis. Je me sentais touché par la grâce divine !

On connaît votre pointe de vitesse. Vers la trentaine, les footballeurs ont tendance à perdre de leur rapidité. Est-ce le cas pour vous aussi ?

Oui, et j’ai dû adapter mon jeu en fonction de ça. Je suis habile balle au pied. Heureusement. Mais s’il faut piquer un sprint, j’en suis toujours capable (rires).

Vous êtes également un peu acrobate. D’où vient le saut périlleux que vous faites après avoir marqué ?

Quand j’avais 11 ou 12 ans à Lagos, il y avait un terrain recouvert de sciure pas loin de chez moi. Des types s’entraînaient à faire des culbutes et des saltos, comme des gymnastes. Mes amis et moi, on trouvait ça très cool, alors nous nous sommes entraînés. Nous progressions autant en acrobaties qu’en football. C’est l’un de mes amis qui m’a dit un jour que je devrais combiner les deux : « Quand tu marques un but, tu n’as qu’à faire une pirouette, ça serait la cerise sur le gâteau ». Je l’ai écouté.

Avez-vous jamais songé à changer la manière de célébrer vos buts ?

Non. Quand j’ai commencé à faire des sauts périlleux en Europe, les gens adoraient ça, car c’était complètement nouveau. En Italie, les supporters parlaient plus de mes saltos que de mes buts !

 

FIFA.com

 

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